ROUEN : PROJET ROUTIER ANNULE, POUR UN MORATOIRE SUR TOUS LES PROJETS ROUTIERS
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Le gouvernement abandonne le projet routier de contournement de Rouen le 2 juillet 2026. D'autres projets routiers ont été abandonnés et la liste n'est pas anodine :
En 2025 :
L'Autoroute A69 (Castres-Toulouse) a connu un temps d'arrêt majeur en mars 2025.
Motif : Le tribunal administratif de Toulouse a annulé les autorisations environnementales du projet. Cette décision a été contestée et depuis les travaux ont repris malgré de nombreux recours juridiques et de nombreuses contestations.
La Départementale 924 (Orne) : Le projet de mise en 2x2 voies entre Flers et Argentan a été arrêté le 26 juin 2025.
Motif : Le Tribunal administratif de Caen a prononcé l'annulation de l'autorisation environnementale.
Les Contournements de Fougères, Vitré et Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) : Le département a annoncé l'abandon définitif de ces trois projets le 12 septembre 2025.
Motif : Un changement de priorité politique visant à favoriser les mobilités alternatives existantes comme le vélo et le covoiturage plutôt que le « tout routier ».
BIP (Boulevard Intercommunal du Parisis) dans le Val-d'Oise : L'abandon de ce projet a été officiellement célébré par les collectifs en octobre 2025. Ce projet représentait un coût estimé à 558 millions d'euros.
Autoroute Limoges-Poitiers (Vienne et Haute-Vienne) : Ce projet d'envergure est listé comme officiellement abandonné dans les récapitulatifs de fin 2025.
Motif : Remplacement par un aménagement plus sobre en 2x2 voies de la route nationale existante RN 147. Cet abandon permet d'éviter l'artificialisation de 789 hectares
En 2024
En Alsace, suspension des projets routiers de Rothau et de Lorentzen fin septembre 2024 ! Le contournement de Rothau est repoussé de cinq ans au moins et les appels d'offres de projets de liaison A4-Lorentzen sont suspendus. Voir "Alsace, Plusieurs projets à l'arrêt".
Dans les Pyrénées, à Vallespir, le préfet tranche par arrêté le 29 août 2024. Le Préfet n’accorde pas l’autorisation environnementale pour le nouveau pont de Céret. : « Rejet de la demande d’autorisation environnementale » concernant le « nouvel accès à Céret et Maureillas, nouveau pont sur le Tech ».
Dans le Sud-Manche depuis début 2024 l'éventuelle 2 x 2 voies entre Avranches et Granville est à l’arrêt.
L’axe routier en projet a gagné sa place au sein de la coalition la Déroute des Routes Granville Avranches et sur la carte des luttes contre les grands projets inutiles.
Arrêtons le cas par cas et demandons le moratoire sur tous les projets routiers qu'ils soient petits ou grands. Le moratoire n'est pas une utopie. D'autres pays l'ont fait. A l'heure où il est évident que la bétonisation et le trafic routier participent à l'accélération des extrêmes climatiqiues que nous subissons au quotidien (sécheresse, canicule, incendies, inondations), les politiques doivent changer. Si la route est un contributeur net au budget de l'État sur un plan purement comptable, elle constitue un fardeau net pour la société dès que l'on monétise ses impacts sanitaires, climatiques et patrimoniaux.
Le déficit social et environnemental est massif.
1. Les externalités dépassent largement les recettes fiscales
Alors que les recettes fiscales spécifiques à la route s'élèvent à environ 39,2 milliards d'euros (chiffres 2016), le coût des nuisances générées est bien plus élevé :
Estimation officielle (CGDD) : Le Commissariat général au développement durable évaluait en 2015 les externalités de la route à 50,5 milliards d'euros par an (accidents, pollution, bruit, climat), un montant déjà supérieur aux taxes perçues.
Estimation européenne (EU Handbook) : En utilisant une méthodologie plus large, le coût externe pour la France grimpe à 109,1 milliards d'euros, la route étant responsable de 83 % de ce montant (soit environ 90,5 milliards d'euros).
Estimation systémique (Forum Vies Mobiles) : Le think tank estime que le « système voiture » coûte en réalité plus de 300 milliards d'euros par an à la société française, soit 10 % du PIB.
2. Poids écrasant de l'insécurité et de la santé
Certains postes de coûts, à eux seuls, suffisent à annuler les bénéfices fiscaux de la route :
Accidents de la route : En 2021, le coût social des accidents a été réévalué à 46,3 milliards d'euros (1,9 % du PIB), incluant les hospitalisations (21,4 Md€) et les décès (10,5 Md€). Ce chiffre dépasse désormais la totalité des recettes fiscales routières annuelles.
Pollution de l'air : Son coût total pour la France est estimé entre 68 et 97 milliards d'euros par an. Elle est responsable de 42 000 à 45 000 décès prématurés chaque année.
Sédentarité et exclusion : Le Forum Vies Mobiles souligne des coûts souvent oubliés comme la sédentarité liée à l'usage de la voiture et l'exclusion sociale des 60 millions de Français qui ne se sentent pas réellement libres de leurs déplacements.
3. Impacts environnementaux non monétarisés
L'infrastructure elle-même génère des coûts écologiques majeurs dont la réparation ou la compensation n'est pas financée par les usagers :
Artificialisation des sols : Les routes occupent environ 1,2 million d'hectares, soit 30 % des surfaces artificialisées en France.
Perte de séquestration de carbone : Cette emprise au sol entraîne une perte évaluée entre 0,4 et 2,8 milliards d'euros par an.
Extraction de ressources : La construction et l'entretien routier sont les premiers consommateurs de matières en France ; chaque mètre linéaire d'autoroute nécessite 30 tonnes de sable et de gravier.
Biodiversité : Les dommages aux habitats sont estimés à 111 100 euros par kilomètre et par an pour les autoroutes.
4. La « Dette Grise » : un déficit d'entretien caché
Le sous-investissement chronique crée un déficit technique que la collectivité devra payer plus tard.
Le besoin annuel pour maintenir le réseau est de 14 milliards d'euros, mais les dépenses réelles stagnent, créant un retard d'entretien estimé à 3,4 milliards d'euros supplémentaires par an.
Le Cerema prévient qu'un euro non investi aujourd'hui en coûtera 6 à 8 dans les 30 ans en raison de dégradations structurelles irréversibles.
Arrêtons de vivre sur des comptes faussement excédentaires. Nous sommes massivement perdants. Il est temps d'agir en assumant des choix de long terme.




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